Comment strapper un genou : guide pour sportifs et débutants

Comment strapper un genou : guide pour sportifs et débutants

Une douleur lancinante à la descente, une sensation d’instabilité sur terrain accidenté ou la simple appréhension de reprendre le sport après une entorse. Le genou est une articulation complexe et lourdement sollicitée, au cœur des préoccupations de nombreux sportifs. Face à ces désagréments, le strapping se présente comme une solution de premier recours. Souvent perçu comme une technique réservée aux kinésithérapeutes, il est pourtant accessible à tous, à condition de maîtriser les principes de base. Ce guide a pour objectif de démystifier la pratique, en expliquant non seulement comment appliquer les bandes, mais aussi pourquoi et dans quelles circonstances le faire, pour transformer ce geste technique en un véritable allié de votre pratique sportive.

Comprendre le strapping et le kinesio taping

Avant de se lancer dans la pose de bandes, il est fondamental de distinguer les deux grandes familles de techniques souvent confondues : le strapping traditionnel, dit rigide, et le kinesio taping, reconnaissable à ses bandes colorées. Bien que leur objectif commun soit de soulager une douleur ou de soutenir une articulation, leur mécanisme d’action et leurs indications diffèrent radicalement. Le choix entre l’un et l’autre dépendra de la nature de la blessure et de l’effet recherché.

Le strapping conventionnel : une contention stabilisatrice

Le strapping traditionnel utilise des bandes adhésives rigides ou très peu élastiques. Son but principal est de limiter un mouvement articulaire spécifique, jugé douloureux ou dangereux. En créant une sorte d’attelle souple, il stabilise l’articulation, protège les ligaments lésés et prévient l’aggravation d’une blessure. C’est la technique de choix après une entorse, par exemple, pour permettre une reprise d’activité sécurisée en bloquant les mouvements latéraux excessifs du genou.

Le kinesio taping : une stimulation neuro-sensorielle

Le kinesio taping, ou tape kinésiologique, emploie des bandes très élastiques dont les propriétés s’approchent de celles de la peau. Contrairement au strapping rigide, il n’entrave pas le mouvement. Son action est plus subtile : en soulevant légèrement la peau, il améliore la circulation sanguine et lymphatique, ce qui contribue à réduire l’œdème et la douleur. Il agit également comme un stimulant proprioceptif, c’est-à-dire qu’il envoie des informations au cerveau pour améliorer la perception de la position du genou dans l’espace, guidant ainsi le mouvement de manière plus juste. Il est souvent utilisé pour les douleurs musculaires, les tendinopathies ou pour corriger un mauvais schéma moteur.

Tableau comparatif des deux approches

Caractéristique Strapping rigide Kinesio taping
Objectif principal Stabilisation, restriction de mouvement Soulagement, drainage, proprioception
Type de bande Non élastique ou peu élastique Très élastique (coton et adhésif)
Effet sur le mouvement Limitation mécanique forte Aucune limitation, accompagne le mouvement
Durée de pose Courte (quelques heures à 1 jour) Plus longue (3 à 5 jours)

Maintenant que la distinction entre ces deux techniques est plus claire, il convient de s’interroger sur les situations concrètes qui justifient le recours à un montage pour protéger le genou.

Pourquoi strapper un genou ? Les cas les plus fréquents

La décision de strapper un genou ne doit pas être prise à la légère. Elle répond à des besoins spécifiques, qu’ils soient d’ordre curatif, préventif ou pour accompagner une reprise d’activité. L’application de bandes est particulièrement indiquée dans plusieurs contextes fréquents chez les sportifs, mais aussi dans la vie de tous les jours.

En cas de lésions ligamentaires

L’entorse du genou est l’une des indications les plus courantes. Lorsqu’un des ligaments latéraux (interne ou externe) est touché, le strapping rigide permet de sécuriser l’articulation en limitant les mouvements de latéralité. Il agit comme un renfort externe, soulageant le ligament blessé et prévenant une nouvelle torsion pendant la phase de cicatrisation. Il offre un compromis idéal entre l’immobilisation totale et l’absence de soutien.

Pour soulager les syndromes douloureux

Certaines douleurs chroniques du genou peuvent être grandement améliorées par un strapping adapté. C’est notamment le cas pour :

  • Le syndrome fémoro-patellaire : une douleur diffuse à l’avant du genou, souvent liée à un mauvais alignement de la rotule. Un montage spécifique peut aider à guider la rotule dans son rail naturel.
  • La tendinopathie rotulienne : aussi appelée « jumper’s knee », cette inflammation du tendon sous la rotule est soulagée par une bande qui diminue la tension exercée sur celui-ci.
  • Le syndrome de l’essuie-glace : douleur sur la face externe du genou, fréquente chez les coureurs. Le kinesio taping peut aider à détendre le fascia lata, le tissu impliqué.

En prévention et pour la reprise du sport

Après une blessure, même guérie, une certaine appréhension peut subsister. Le strapping agit alors comme un soutien psychologique et physique, redonnant confiance au sportif. Il est également utilisé en prévention lors d’épreuves particulièrement longues ou sur des terrains instables (trail, randonnée en montagne), pour des genoux connus pour être fragiles, afin d’éviter l’apparition de douleurs ou d’une instabilité.

Une application réussie dépend non seulement de la bonne indication, mais aussi de l’utilisation d’un matériel de qualité et adapté.

Le matériel essentiel pour un strapping efficace

Pour réaliser un strapping de genou qui soit à la fois confortable, résistant et efficace, il est indispensable de s’équiper correctement. Un matériel inadapté pourrait non seulement rendre le montage inutile, mais aussi provoquer des irritations cutanées. Voici la liste des éléments de base à avoir dans sa trousse de secours.

Les bandes, au cœur du dispositif

Le choix des bandes est l’élément central. On distingue principalement :

  • La bande de protection cutanée (embase) : une fine mousse adhésive ou non, que l’on applique directement sur la peau avant le reste du montage. Elle protège des irritations et facilite le retrait du strapping.
  • La bande adhésive élastique : elle sert souvent de base au montage pour assurer une bonne tenue et une compression légère. Elle est souple et suit les formes du genou.
  • La bande adhésive rigide : c’est la bande active du montage de stabilisation. Non extensible, elle permet de créer les « verrous » qui limiteront les mouvements indésirables.

Les accessoires pour une pose parfaite

Outre les bandes, quelques outils sont nécessaires pour une application propre et durable. Il faut prévoir : une paire de ciseaux de qualité, si possible à bouts ronds pour ne pas blesser la peau, et un produit pour nettoyer et dégraisser la zone avant la pose (alcool modifié ou spray spécifique). Un spray adhésif peut également être utilisé pour renforcer la tenue du montage dans des conditions extrêmes (forte transpiration, eau).

Une fois tout le matériel réuni, il est temps de passer à l’application pratique, qui varie sensiblement selon la pathologie ciblée.

Étapes pour strapper un genou selon le type de blessure

La technique de pose d’un strapping n’est pas universelle. Elle doit être rigoureusement adaptée à l’objectif visé. Nous détaillerons ici deux montages classiques : un pour l’instabilité ligamentaire et un autre pour la douleur rotulienne. Quelle que soit la technique, une étape préliminaire est commune à toutes.

Préparation de la zone : la clé de la durabilité

Avant toute chose, la peau du genou doit être parfaitement propre, sèche et si possible, rasée. Toute trace de crème, d’huile ou de sueur compromettra l’adhérence des bandes. Le genou doit être positionné dans une légère flexion (environ 20 à 30 degrés), idéalement en posant le pied sur une chaise ou un tabouret. Cette position semi-fléchie est la position fonctionnelle de l’articulation.

Technique pour une entorse légère du ligament collatéral interne (LLI)

Ce montage vise à limiter le mouvement de valgus (genou qui part vers l’intérieur).

  1. Poser les embases : appliquez deux bandes circulaires d’embase élastique, sans tension, l’une à mi-cuisse et l’autre à mi-mollet. Elles serviront d’ancrage.
  2. Créer les étriers : à l’aide de la bande rigide, tendez des bandes verticales reliant l’embase de la cuisse à celle du mollet, en passant sur la face interne du genou. Appliquez-en trois, qui se chevauchent légèrement.
  3. Renforcer en croix : ajoutez deux bandes rigides en « X » sur la face interne, toujours en partant des embases, pour renforcer le verrouillage latéral.
  4. Fermer le montage : recouvrez le tout avec des bandes élastiques circulaires, en partant du bas vers le haut, pour finaliser le strapping et assurer sa tenue.

Technique pour un syndrome rotulien

L’objectif est ici de soulager la pression sur la rotule et de la guider.

  1. Bande sous-rotulienne : coupez une bande de kinesio taping d’environ 15 cm. Appliquez le centre de la bande juste sous la rotule, avec une tension modérée, puis collez les extrémités sans tension de chaque côté du genou.
  2. Correction de trajectoire : utilisez une seconde bande pour « tirer » la rotule. Collez une extrémité sur le bord externe de la rotule, tirez la bande vers l’intérieur du genou en appliquant une tension, puis collez la seconde extrémité sur la face interne de la cuisse.

Appliquer un strap est une chose, mais le faire correctement en est une autre. Certaines erreurs communes peuvent non seulement rendre le montage inefficace, mais aussi s’avérer contre-productives.

Les erreurs à éviter absolument lors du strapping

Un strapping mal réalisé peut avoir des conséquences allant de la simple inefficacité à l’aggravation des symptômes. La vigilance est donc de mise pour éviter certains pièges classiques, que l’on soit débutant ou plus expérimenté.

Le serrage excessif et l’effet garrot

C’est l’erreur la plus fréquente et la plus dangereuse. Une bande trop serrée peut couper la circulation sanguine. Les signes qui doivent alerter sont : un gonflement en aval du strapping (au niveau du pied), une coloration bleutée ou une blancheur de la peau, des fourmillements ou une perte de sensibilité. Si l’un de ces symptômes apparaît, il faut retirer immédiatement le montage.

L’application sur une peau mal préparée

Appliquer un strap sur une peau humide, transpirante ou grasse est une perte de temps. Les bandes se décolleront à la première sollicitation. De même, la présence de nombreux poils peut non seulement nuire à l’adhérence mais aussi rendre le retrait extrêmement douloureux. Une bonne préparation n’est pas une option, c’est une condition sine qua non de la réussite.

Ignorer la douleur

Un strapping est censé soulager, pas créer une nouvelle douleur. Si une gêne ou une douleur apparaît après la pose, c’est que le montage est probablement inadapté : soit il est trop serré, soit il crée une contrainte anormale sur une structure. Il ne faut jamais forcer ou « attendre que ça passe ». Il est préférable de tout enlever et de recommencer ou de demander l’avis d’un professionnel.

Même en évitant ces erreurs, des interrogations pratiques subsistent souvent. Il est temps de répondre aux questions les plus fréquentes.

FAQ : strapper un genou, vos questions fréquentes

Malgré les explications détaillées, des doutes peuvent persister. Cette section regroupe les réponses aux questions les plus couramment posées par les utilisateurs de strapping.

Combien de temps peut-on garder un strapping ?

La durée dépend du type de bande. Un strapping rigide, destiné à un effort ponctuel, doit être retiré juste après l’activité sportive et ne jamais être gardé la nuit. Le kinesio taping, plus respirant, peut être conservé pendant plusieurs jours (généralement 3 à 5), même sous la douche, à condition de le sécher délicatement en le tamponnant avec une serviette.

Comment retirer le strapping sans douleur ?

Pour un retrait aisé, il est conseillé de le faire sous la douche, l’eau chaude aidant à ramollir la colle. Tirez doucement sur la bande dans le sens du poil, tout en maintenant la peau avec l’autre main. Il existe également des sprays spécifiques qui dissolvent la colle et facilitent grandement le décollement.

Le strapping peut-il affaiblir mon genou à long terme ?

C’est une crainte légitime. Utilisé de manière ponctuelle, le strapping n’entraîne aucun affaiblissement. Cependant, son utilisation systématique et prolongée sans un travail de renforcement musculaire en parallèle peut créer une forme de dépendance. Le strapping doit rester une aide temporaire et s’inscrire dans une démarche de rééducation globale.

Quand faut-il consulter un professionnel de santé ?

L’auto-strapping est pertinent pour des douleurs connues et légères. Toutefois, il est impératif de consulter un médecin ou un kinésithérapeute en cas de traumatisme initial (choc, torsion), de douleur aiguë, de gonflement important, ou si la douleur persiste malgré le port du strapping. Un diagnostic précis est essentiel avant toute chose.

Le strapping du genou est une technique efficace pour de nombreux sportifs, à condition de savoir l’utiliser à bon escient. Il offre un soutien précieux pour continuer à bouger, soulager une douleur ou prévenir une récidive. Cependant, il ne doit jamais se substituer à un avis médical ou à un programme de renforcement musculaire adapté, qui reste la pierre angulaire de la santé articulaire à long terme. En maîtrisant les bons gestes et en étant à l’écoute de son corps, le strapping devient un outil puissant au service de la performance et du bien-être.

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